comment se passe une succession

Comment se passe une succession​ ?

Après un décès, la famille se retrouve vite avec une pile de démarches, et la paperasse est plus lourde qu’on ne le croit. Qui doit intervenir, quels papiers faut-il chercher et dans quel délai ?

Cet article vous explique, étape par étape, comment se passe une succession, du décès au partage, et ce qu’il faut faire à chaque moment.

Qui hérite, et qui prend la main ?

Sans testament, la loi décide à votre place. Les enfants se partagent tout à parts égales. Le conjoint reçoit une part qui dépend de la famille.

Sans enfant, le conjoint prend la moitié si les deux parents vivent, les trois quarts si un seul vit. Sans conjoint, les parents, puis les frères et sœurs, héritent.

Un homme en costume discute avec quatre personnes autour d’une table où se trouvent des feuilles blanches, une maquette de maison, un coffret et une balance.
Le notaire établit qui peut hériter, mais l’acte de notoriété ne signifie pas que la succession est acceptée.

Les biens passent aux héritiers dès le décès, même si les démarches durent des mois. Pour savoir quand l’argent arrive, voyez ce qui se passe dès le décès. Mieux vaut un testament.

Ce que fait le notaire

L’acte de notoriété

Il nomme les héritiers et peut préciser leurs parts. Il prouve leur qualité, mais ne vaut pas acceptation de la succession.

Le testament ou la donation

Le notaire interroge le Fichier central des dispositions de dernières volontés. Une donation au dernier vivant peut augmenter la part du conjoint.

Succession : les cinq étapes du règlement

Le règlement suit cinq étapes : identifier les héritiers, faire le bilan des biens et des dettes, régler les formalités immobilières, déposer la déclaration fiscale, puis partager ou garder les biens en indivision.

Comptez six mois en moyenne, plus si le dossier se complique ou si les héritiers ne s’entendent pas.

Un héritier peut aussi renoncer, par exemple si les dettes dépassent les biens. Pour savoir comment faire et ce que ça coûte, voyez le refus de succession. Mieux vaut trancher tôt.

Comptes et immeuble

  1. Demandez au notaire de consulter FICOBA

    Il donne la liste des comptes bancaires du défunt.

  2. Mandatez-le pour FICOVIE si vous êtes bénéficiaire possible

    Repère : vous savez s’il existe un contrat d’assurance-vie.

  3. Vérifiez s’il y a un immeuble

    Si oui, le notaire établit et publie l’attestation immobilière dans les quatre mois suivant sa demande.

Quels documents réunir pour le dossier ?

Pour l’acte de notoriété, rassemblez le livret de famille, les actes d’état civil utiles et le contrat de mariage ou le jugement de divorce.

Ajoutez tout testament ou donation entre époux conservé par la famille, car ces documents changent la répartition des biens.

Avant de contacter le notaire, avez-vous déjà réuni ces points ?
Cochez ce qui est fait. Cette liste sert à vous repérer, elle ne juge rien.

L’acte de notoriété s’appuie sur ces documents pour établir qui hérite.

Ces documents peuvent changer la répartition des biens.

Ils servent à établir la liste des biens de la succession.

Si c’est le cas, le notaire doit intervenir dès le départ.

Elles réduisent votre abattement personnel.

Le seuil dépend de l’actif brut et du lien avec le défunt : dans le doute, déposez-la.

Au-delà, des intérêts de retard et une majoration s’ajoutent.

Le notaire peut vérifier leur existence auprès du fichier FICOVIE.

Pour la déclaration de succession, préparez les formulaires 2705, 2705-S et 2706. Ils listent l’identité du défunt, les héritiers, les biens, les dettes et les valeurs retenues. Rassemblez tout avant de contacter le notaire, ça vous évitera des allers-retours.

Justificatifs à réunir

  • Titres de propriété des biens
  • Relevé de compte demandé à la banque, à la date du décès
  • Livrets d’épargne du défunt
  • Factures et documents de prêt pour les dettes
  • Achats, ventes, échanges et donations faits par le défunt
  • Acte de donation, ou preuve du don manuel déclaré
  • Contrat de mariage ou acte de changement de régime

Quels délais respecter pour déclarer et payer ?

Le délai est de six mois à partir du décès en France métropolitaine. Si la personne est morte à l’étranger, vous avez un an. Ce délai vaut pour la déclaration et pour le paiement.

Après un décès, le délai de déclaration prend fin à 6 mois, les intérêts commencent à 7 mois et une majoration de 10 % s’applique à partir de 13 mois.
La frise distingue la date limite de déclaration, le début des intérêts de retard et le seuil de majoration.

Pas de déclaration si l’actif brut reste sous 50 000 € pour les enfants, le conjoint ou le partenaire de Pacs. Mais vérifiez qu’aucune donation passée n’a été faite sans être déclarée, sinon le seuil ne joue pas.

Pour les autres héritiers, le seuil tombe à 3 000 €. Dans le doute, déposez la déclaration : c’est plus simple que de deviner le seuil.

Retard de paiement

Passé la date limite, les droits portent un intérêt de 0,20 % par mois. À partir du treizième mois après le décès, une majoration de 10 % s’ajoute.

Après une mise en demeure, régularisez dans les 90 jours pour éviter la taxation d’office. Vous pouvez aussi demander à payer en versements égaux sur un an.

Combien coûtent les droits de succession ?

Les abattements selon le lien avec le défunt

Les droits ne se calculent pas sur ce que vous recevez brut. On retire d’abord les dettes du défunt, puis chaque héritier déduit son abattement personnel.

Beaucoup de gens oublient cette étape, et leur calcul part de travers. Attention aussi aux donations faites depuis moins de quinze ans au même bénéficiaire : elles réduisent votre abattement.

Chaque héritier a son abattement, la somme qui n’est pas taxée. Son montant dépend du lien avec le défunt.

Critère Enfant, père ou mère Frère ou sœur Neveu ou nièce Autre lien Conjoint ou Pacs
Abattement 100 000 € 15 932 € 7 967 € 1 594 € Exonéré
Supplément si handicap 159 325 € 159 325 € 159 325 € 159 325 € Exonéré
Droits de succession Oui Oui Oui Oui Non

Le barème pour les héritiers en ligne directe

Une fois l’abattement retiré, la part restante est taxée par tranches. Chaque tranche ne vise que ce qui la dépasse.

Les taux de 5 à 15 % ne touchent que les premiers 15 932 €. Au-delà, c’est 20 % sur chaque euro, jusqu’à 552 324 €. Pour la plupart des héritiers, c’est le taux de 20 % qui compte.

Moins de 100 000 € pour un enfant

Un enfant qui reçoit moins de 100 000 € ne paie pas de droits de succession. Mais une donation reçue du défunt il y a moins de quinze ans réduit son abattement. Si c’est votre cas, reprenez le calcul avant de conclure que vous ne payez rien.

Les frais du notaire, en plus des droits

Les frais du notaire, ce sont ses émoluments, les taxes des actes et les débours, ces sommes qu’il avance pour vous. L’acte de notoriété, lui, coûte 56,60 € d’émoluments fixes.

Pour la déclaration, le tarif se calcule sur l’actif brut : 1,548 % jusqu’à 6 500 €, 0,851 % de 6 500 à 17 000 €, 0,580 % de 17 000 à 30 000 €, puis 0,426 % au-delà.

Vérifiez le total avant de signer : sur une grosse succession, la déclaration pèse bien plus lourd.

Les coûts annexes

Taxes et frais d’acte

  • Taxe de publicité foncière
  • Frais d’inscription immobilière
  • TVA sur les émoluments
  • Frais de formalités

Débours

  • Copies
  • Formalités
  • Publicité foncière

Avocat en cas de litige

Partager ou rester en indivision ?

Chaque héritier peut demander le partage. Rien ne vous oblige pourtant à partager vite : les héritiers peuvent rester ensemble et signer une convention d’indivision, qui fixe les biens, les parts de chacun et le gérant.

Au quotidien, un seul indivisaire peut prendre seul une mesure urgente, comme réparer un toit qui fuit. Gérer ou louer le bien demande les deux tiers des droits, et le vendre exige l’accord de tous.

Une convention à durée fixe ne dépasse pas cinq ans, mais elle peut être renouvelée. Pour un bien que vous voulez garder, signez-la dès le départ.

Désaccord ou dettes : que faire ?

Désaccord entre héritiers

  • Le partage peut être demandé au tribunal judiciaire.
  • Le tribunal peut désigner un notaire pour former les lots et un juge pour suivre les opérations.
  • L’avocat est obligatoire.

Dettes plus lourdes que les biens

  • Acceptez la succession à concurrence de l’actif net.
  • Vous ne payez les dettes qu’à hauteur des biens recueillis.
  • Vos biens personnels restent séparés de ceux du défunt.

Une succession suit un ordre précis : le notaire identifie les héritiers et les biens, la déclaration fiscale vient ensuite, puis on partage ou on garde les biens en indivision. Rien de sorcier, à condition d’avancer étape par étape.

Votre prochain pas ? Rassemblez vos justificatifs avant de voir le notaire : un dossier prêt évite bien des allers-retours.


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